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Communiqué 2006
Rapport annuel de 2006

 

 

SCRC – Rapport annuel sur le crime organisé au Canada 2005

Points saillants du rapport

Introduction

Le Rapport annuel sur le crime organisé au Canada 2006 du SCRC est le fruit du travail effectué par l’ensemble de la collectivité canadienne du renseignement criminel. Il vise à informer le public sur la menace que posent le crime organisé et les crimes graves et à faire connaître les nombreuses répercussions négatives que peut avoir le crime organisé sur notre vie quotidienne.

Dans le Rapport annuel sur le crime organisé de cette année, le SCRC reprend la formule du rapport de l’an dernier, qui consiste à examiner le crime organisé sous l’angle de différents marchés criminels. Ce rapport énumère et décrit plusieurs marchés criminels et les menaces qu’ils représentent sur les communautés à travers le Canada.

La section du Dossier spécial a pour but de souligner un aspect particulier du crime organisé. Cette année, le SCRC met l’accent sur les gangs de rue, une menace du crime organisé qui engendre actuellement d’importantes inquiétudes dans le forum public.

Dynamique des groupes du crime organisé

La collectivité canadienne du renseignement criminel a recensé près de 800 groupes du crime organisé au Canada. Bien que la majorité d’entre eux demeurent concentrés dans les grands centres urbains et leur périphérie, un grand nombre de groupes mènent leurs activités à partir de petites collectivités à travers le pays. Les groupes du crime organisé au Canada ne sont pas tous organisés de la même façon. Au Canada, les groupes du crime organisé disposent de capacités criminelles variées.

Caractéristiques et méthodes

Violence et Intimidation

La plupart des groupes criminels ont recours à la violence et à l’intimidation pour atteindre divers objectifs tels que faire progresser de multiples activités criminelles, exercer des représailles contre d’autres groupes criminels, défendre la part du groupe dans un marché criminel et corrompre des entreprises légitimes ainsi que les appareils judiciaire et gouvernemental.

Technologie et criminalité

Les groupes du crime organisé ciblent de plus en plus les dispositifs de communication pour obtenir des renseignements personnels et financiers confidentiels leur permettant de perpétrer des vols et des fraudes.

Blanchiment d’argent

Selon le Fonds monétaire international, le blanchiment d’argent représente chaque année de 22 à 55 milliards de dollars canadiens au Canada. Les groupes criminels cherchent habituellement à se distancer du processus de blanchiment en utilisant des tiers, des spécialistes de la finance et d’autres intermédiaires financiers, comme les systèmes de paiement en ligne, les bureaux de change et les sociétés fictives.

Exploitation criminelle des frontières internationales

Les organisations criminelles participent encore aux activités de contrebande des deux côtés de la frontière canado-américaine. De plus, les ports maritimes et les aéroports sont exploités par le crime organisé pour faire passer clandestinement des produits de contrebande. Dans certains cas, cette activité criminelle est facilitée par des employés des ports d’entrée.

Exploitation criminelle de l’économie légitime

L’exploitation criminelle de l’économie légitime continue de représenter une menace financière à court et à long termes pour les milieux d’affaires légitimes et l’infrastructure économique canadienne. Certains groupes du crime organisé dissimulent la contrebande transfrontalière derrière le commerce de biens légitimes, par l’intermédiaire de l’importation, de l’exportation ou d’entreprises de l’industrie du transport.

Marchés criminels

Les nombreux acteurs criminels des marchés criminels changent de rôle, augmentent ou réduisent leurs activités en fonction de la répression ou de la concurrence et forment des alliances criminelles mutuellement avantageuses à court et à long termes.

Dynamiques, les marchés criminels évoluent au fil du temps, réagissant aux forces du marché telles que l’offre et la demande, la concurrence provenant des autres groupes criminels organisés, aux progrès technologiques et à la perturbation produite par l’application de la loi.

Drogues illicites

Environ 80 % des groupes du crime organisé identifiés au pays sont impliqués dans le marché illicite des drogues, surtout en qualité de trafiquants au niveau de la rue.

La marihuana est à la fois la drogue illicite la plus consommée et la plus produite au Canada.

La cocaïne continue aussi d’être en grande demande dans la plupart des régions du pays, surtout dans les grands centres urbains. La consommation de crack et de méthamphétamine varie a travers du pays, mais ces deux produits semblent n’occuper que des marchés à créneaux attirant un nombre limité de consommateurs.

Une nouvelle tendance se dessine, selon laquelle d’importantes quantités d’ecstasy produites au Canada sont exportées vers les États-Unis et, dans une moindre mesure, vers les pays côtiers du Pacifique comme le Japon et l’Australie.

Armes à feu

La plupart des organisations criminelles utilisent des armes à feu. Les armes à feu illicites sont pour la plupart des armes volées dans les résidences canadiennes et des armes introduites clandestinement au Canada en provenance des États-Unis.

Criminalité financière

Selon l’Association des banquiers canadiens, la fraude liée aux cartes de crédit a entraîné des pertes de 201 millions de dollars pour les principales sociétés émettrices de cartes de crédit au Canada en 2005.

De nombreuses organisations criminelles au Canada sont impliquées dans une vaste gamme de fraudes financières.

Violation des droits de la propriété intellectuelle

Au pays, de nombreux groupes criminels sont impliqués dans la fabrication, l’importation et la distribution des produits contrefaits. Le mélange de biens légitimes et contrefaits réduit le risque de détection, élargit le champ de distribution et augmente la probabilité que le consommateur reçoive à son insu des biens contrefaits dangereux.

Traite de personnes et passage de clandestins

Le Canada continue d’être à la fois un pays de transit et de destination pour les migrants clandestins et les victimes de la traite de personne, dont certains sont destinés au travail forcé ou à l’exploitation sexuelle dans les lieux tels que des clubs privés et des salons de massage. Cependant, l’étendue de cette activité criminelle au Canada ne représente qu’un faible pourcentage du marché criminel international (ou même nord américain).

Vol de véhicules

Environ 170 000 véhicules sont volés chaque année au Canada, principalement à Toronto et à Montréal. Les derniers modèles de luxe sont introduits illégalement par les groupes criminels sur les marchés étrangers via les ports maritimes de Vancouver, Montréal et Halifax.

Regard sur l’avenir

Marchés criminels

Au Canada, le trafic de drogues illicites est stimulé par une demande du consommateur qui ne fléchira pas dans un futur rapproché; ce marché demeurera la principale source de gains illégaux des groupes du crime organisé. L’immense marché voisin de consommateurs américains continuera d’encourager la production canadienne croissante de marihuana, d’ecstasy et de méthamphétamine.

Les institutions financières resteront vulnérables car les groupes criminels continueront d’exploiter des entreprises légitimes aux fins de blanchiment d’argent et d’investissement de gains illicites, ainsi que pour entreprendre des activités telles que la manipulation illicites des marchés boursiers. Le crime organisé au Canada continuera de menacer sérieusement la sécurité du public par le biais d’activités criminelles.

Dossier spécial : Les gangs de rue au Canada

Introduction

La majorité des gangs de rue continuent de pratiquer des formes de criminalité relativement peu complexes. Les gangs de rue sont généralement d’envergure locale et un nombre limité entretient des liens criminels à l’échelle inter-provinciale et internationale.

Nombre de gangs de rue

On a dénombré au Canada plus de 300 gangs de rue comptant quelque 11 000 membres et associés actifs partout au pays.

Caractéristiques démographiques

Les gangs de rue regroupent principalement des adultes mâles âgés de 20 à 30 ans, mais peuvent compter des membres de moins de 18 ans.

Des cellules de gangs existants ainsi que l’émergence de nouveaux gangs touchent maintenant plusieurs autres centres urbains, milieux ruraux et réserves autochtones de plus petites tailles.

Violence

La violence des gangs est souvent commise de façon spontaneé et opportuniste, mettant ainsi le public en danger de façon intentionnelle ou non, par exemple, lors de fusillades au volant (drive-by-shooting), de tirs échangés avec des membres d’un autre groupe ou d’erreurs sur la personne.

Intimidation

Partout au pays, on continue de signaler des meurtres, des tentatives de meurtre, des fusillades, des agressions, des dommages matériels ainsi que des menaces visant des policiers, des employés d’établissements correctionnels, des intervenants de l’appareil judiciaire et des témoins de crimes.

Armes

Les gangs de rue utilisent une grande variété d’armes dans toutes les régions du pays, y compris d es armes de poing habituellement obtenues par l’intermédiaire d’un trafiquant d’armes à feu.

Éventail d’activités criminelles

Les activités des gangs de rue relèvent principalement de la distribution de drogues illicites et du commerce du sexe. Les gangs de rue sont également impliqués dans le vol qualifié, l’invasion de domicile et, dans une moindre mesure, la fraude.

Distribution de drogues illicites

Les gangs de rue s’adonnent principalement à la revente de crack, de cocaïne, de marihuana et de drogues synthétiques que leur fournissent souvent les motards criminalisés et les organisations de souche italienne ou asiatique.

Les méthodes et les pratiques de distribution varient selon le gang. Dans l’ouest canadien, les gangs de rue exploitent des réseaux de revente mobiles couramment appelés réseaux de « vente sur appel » (dial-a-dope). Par contre, les gangs de rue de l’Ontario, du Québec et des provinces de l’Atlantique ont tendance à utiliser des lieux précis qu’ils désignent officieusement comme zones de trafic.

Regard sur l’avenir

Gangs de rue

Les gangs de rue canadiens continueront de présenter une menace criminelle de niveau moindre. Le trafic de drogues illicites et la prostitution de rue demeureront leurs principales activités criminelles.

Le Rapport annuel intégral du SCRC sur le crime organisé au Canada 2006 est accessible ici.