Gouvernement du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Violence et intimidation

Menace

La violence et l’intimidation représentent des éléments clés du marché criminel canadien. Contrairement à la société légitime, le milieu criminel se sert de la violence et de l’intimidation comme moyens de faire respecter les ententes et de régler les conflits. Par contre, ceci ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’arbitres fiables ou de personnes clés, dans le milieu criminel, auxquels il peut faire appel pour régler un différend. En fait, de telles personnes existent, mais la valeur de leurs décisions est souvent en fonction de leur capacité à les appliquer par la violence ou le refus de services clés.

La violence et l’intimidation sont parmi les principaux outils que les groupes criminels, complexes et moins complexes, utilisent pour mener leurs activités criminelles. Les membres et les associés du crime organisé y ont régulièrement recours pour protéger et promouvoir l’identité criminelle, les intérêts, les territoires et les activités du groupe. La violence et l’intimidation servent également à faciliter de nombreuses activités criminelles, notamment la distribution de territoires de vente de drogues, la collecte de dettes liées au jeu, l’extorsion, les violations de domicile et les enlèvements liés à la drogue. Par ailleurs, les groupes recourent à des menaces et à des voies de fait pour maintenir l’ordre interne et assurer la loyauté envers le groupe, et emploient la violence physique contre ceux qui commettent des infractions à l’égard du groupe ou de ses chefs. Certains groupes criminels, notamment les gangs de rue, ont des rituels d’initiation violents qui impliquent des voies de fait contre de nouveaux membres et des membres qui quittent le groupe.

Survol des activités criminelles

Tous les groupes du crime organisé au Canada participent, à des degrés divers, à des actes violents visant à protéger leurs activités et leurs intérêts criminels. Les organisations criminelles plus complexes embauchent également des groupes criminels de moindre envergure et/ou subalternes, tel les gangs de rue, pour commettre des actes violents à leur compte. Ces gangs de rue participent à des activités criminelles comme la collecte de dettes liées à la drogue et au jeu, et protègent les groupes plus complexes de leurs rivaux criminels et des organismes d’application de la loi.

« Je pense que l’un des aspects les plus troublants du crime organisé est que ceux qui en font partie arriverontà leurs fins sans se soucier des vies et de la sécurité des personnes qui les entourent.»

Le chef William Blair,
Service de police de Toronto

Les membres et associés des groupes criminels sont souvent impliqués dans des activités liées aux armes à feu illicites, et possèdent de nombreuses armes de divers types. Les criminels utilisent les armes à feu, en particulier les armes de poing semi-automatiques, pour se protéger, asseoir leur statut et commettre des crimes, y compris des actes d’intimidation, des voies de fait et des homicides. Le problème relatif aux armes à feu illégales est concentré plus particulièrement dans les centres urbains où la présence de groupes du crime organisé, dont les gangs de rue, est importante.

Dans la récente décision de la Cour supérieure de l’Ontario selon laquelle les HELLS ANGELS sont une organisation criminelle, le juge a conclu que les deux accusés avaient porté leurs insignes et leurs vestes de gang démontrant leur appartenance aux HELLS ANGELS afin d’intimider leur victime.

Le degré de violence exercé par les groupes du crime organisé varie selon l’objectif visé. Ils commettent des actes de violence préméditée pour intimider des membres d’organismes d’application de la loi et du système judiciaire, ainsi que des témoins en vue de contrer les enquêtes et les poursuites en justice. Ils mènent également des attaques préventives contre des rivaux criminels afin d’élargir leur territoire ou de s’accaparer le monopole sur un marché criminel.

Les groupes du crime organisé ont recours à la violence pour faire régner la peur dans les collectivités et ainsi dissuader toute collaboration avec les policiers et les procureurs. Des groupes criminels comme les BMC et certains gangs de rue sont connus pour intimider des collectivités ou des particuliers en portant bien en vue les couleurs de leur gang. La concurrence que se livrent les groupes criminels pour le contrôle d’un territoire ou d’un produit illicite particulier peut engendrer des conflits qui menacent alors la sécurité publique. Les conflits personnels et les animosités peuvent également conduire à la violence entre les groupes.

Partout au pays, de nombreuses de gangs de rue ont une forte tendance à la violence et y ont recours spontanément. Il n’est pas rare que les membres et les associés de gangs de rue utilisent la violence, souvent avec des armes à feu obtenues illégalement, pour régler des différends, qu’ils soient liés ou non à des activités criminelles, réagir à un affront, protéger un territoire, ou dans le cadre d’un cycle de représailles contre un rival. De temps à autre, les rivalités parfois intenses entre les différents gangs de rue dans les centres urbains du pays dégénèrent en violence. Les gangs de rue emploient des armes à feu pour commettre des actes de violence, tels que des raids automobiles (drive-by) ou dans des endroits publics devant de nombreux témoins, ce qui pose une menace immédiate et directe à la sécurité du public et des membres des organismes d’application de la loi. Par exemple, au cours de la dernière année, plusieurs groupes criminels rivaux en Alberta ont été reconnus responsables de nombreux homicides, dont certains ont été perpétrés dans des débits de boissons et des bars bondés.

« Dans notre collectivité, les Hells Angels représentent la plus importante menace pour ce qui est du crime organisé. Ils contrôlent en grande partie le commerce de la drogue par la violence et l’intimidation. Les drogues qu’ils fournissent à nos jeunes détruisent leur avenir.»

Le constable chef Jamie Graham,
Service de police de Vancouver

Le commerce de drogues illicites au Canada est la principale activité criminelle des groupes du crime organisé. Par conséquent, les personnes impliquées commettent fréquemment des actes de violence pour protéger ou accroître leur part du marché de la drogue. Ils peuvent également entreprendre des activités criminelles dérivées, à savoir lorsqu’un groupe criminel cible expressément la part de marché d’un autre groupe. Par exemple, certains groupes ciblent délibérément des installations résidentielles de culture de la marihuana et utilisent la violence pour s’y introduire et voler les plantes matures. C’est pourquoi ceux qui cultivent de grandes quantités de marihuana pour des groupes criminels installent des pièges dangereux afin de protéger leurs installations contre le vol. Certaines résidences comportent des fils-pièges, qui déclenchent la diffusion de substances dangereuses ou de courants électriques.

La violence se poursuit même lorsque des membres et des associés du crime organisé se retrouvent en prison. Ceux-ci ont alors recours à des voies de fait, à l’intimidation et, dans une moindre mesure, à des homicides, pour discipliner les membres et les associés, exercer des représailles contre leurs rivaux et poursuivre leurs activités criminelles, comme le trafic de drogues illégales, au sein des établissements correctionnels.

Répercussions socio-économiques

En 2005, il y a eu de nombreux incidents de violence liée aux gangsà Calgary qui sont survenus dans des endroits publics et ont mis des gens innocents à risque. Lors d’un de ces incidents, des personnes ont échangé des tirs dans un bar bondé tuant un homme connu de la police, et manquant de justesse des nombreux clients. Dans un autre cas, un homme a été poignardé à mort dans une boîte de nuit bondée.

La violence de la part des groupes du crime organisé a une incidence sur les citoyens et les collectivités dans l’ensemble du pays. Même si cette violence semble surtout liée au commerce de drogues illégales, des citoyens innocents risquent de faire face à des coûts individuels et sociaux plus élevés en raison des crimes contre la propriété, des voies de fait et des homicides commis par des toxicomanes nécessiteux d’argent pour l’achat de drogue. De plus, dans certaines localités où la présence de groupes du crime organisé est particulièrement visible, les résidents pourraient éviter certains commerces ou établissements, ce qui viendrait renforcer le sentiment général d’insécurité. Dans certaines collectivités, les activités criminelles telles que les voies de fait, les invasions domiciliaires, les introductions par effraction et les homicides contribuent à instaurer un climat de peur et d’insécurité.

Étant donné que de nombreux gangs de rue commettent des actes très violents dans des endroits publics, ils représentent une menace directe pour le grand public. Leurs activités criminelles ont également une incidence directe sur la vie quotidienne des personnes habitant les collectivités touchées. Ces personnes peuvent involontairement interrompre la perpétration d’un crime et en subir les conséquences, ou être ciblées par le gang pour s’assurer leur silence et acquiescement. Dans bien des écoles, le recrutement des membres de gangs et les problèmes connexes sont de plus en plus fréquents, ce qui compromet la sécurité du personnel et des élèves. Qui plus est, étant donné que les gangs de rue prennent de l’expansion en investissant de plus en plus les petites collectivités hors des grands centres urbains, un plus grand nombre de collectivités à l’échelle du pays seront touchées par leur degré élevé de violence.


Crime organisé et mouvement transfrontalier