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Des êtres humains traités comme des marchandises

Traite de personnes et passage de clandestins

Menace

Sur le plan international, le crime organisé est impliqué dans la traite de personnes et le passage de clandestins. L’étendue de la participation du crime organisé dans ces activités au Canada fait l’objet d’une surveillance préventive de la part des organismes d’application de la loi.Au niveau international, la traite de personnes et le passage de clandestins sont une source de profits importants, et aident à renforcer et à étendre les capacités des organisations criminelles. La différence entre le passage de clandestins et la traite de personnes est importante, puisque le premier implique le consentement des personnes, tandis que la seconde implique la contrainte. Selon la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, le passage de clandestins renvoie à la facilitation de l’entrée illégale d’une personne dans un pays à des fins de profits financiers. Par contre, la traite des êtres humains comprend le déplacement d’une personne par la contrainte, la tromperie ou la violence dans le but de son exploitation. Cette activité comprend souvent l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants, mais aussi le trafic d’hommes et de femmes contraints au travail forcé ou à d’autres services associés à la servitude pour dettes.

Bien que le passage de clandestins et la traite de personnes représentent des infractions très différentes, il existe de nombreux parallèles entre ces activités, comme le déplacement transnational de personnes et leur entrée clandestine dans un pays. D’autres éléments du passage de clandestins nuisent en outre à la capacité des organismes d’application de la loi à dépister la traite des êtres humains et à en déterminer l’ampleur. Le passage de clandestins et le trafic de personnes se font simultanément. En conséquence, il est possible qu’un même convoi comprenne des migrants clandestins et des victimes de la traite. De plus, comme de nombreuses victimes potentielles de la traite transitent par le Canada à destination des États-Unis, il est difficile pour les organismes d’application de la loi de déterminer si les personnes interceptées étaient destinées à l’exploitation commerciale.

Survol des activités criminelles

Le passage transfrontalier de personnes à des fins de traite ou de migration clandestine exige une certaine aptitude et capacité à coordonner le transport de ces personnes. En conséquence, les organisations criminelles qui se livrent à ces activités sont généralement très perfectionnées. Certains de ces groupes criminels établis au Canada ont la capacité de coordonner le transport des personnes, des pays sources jusqu’à leur destination. D’autres groupes ou sous-groupes appartenant à un réseau criminel se spécialisent dans un aspect de l’entreprise, qu’il s’agisse de l’organisation du franchissement de la frontière à destination des États- Unis ou de l’acquisition de documents faux ou volés, tels que des passeports et des visas. Ces spécialisations permettent à certains groupes criminels organisés de vendre leurs services à d’autres groupes.Ainsi, un convoi peut comprendre des ressortissants de plusieurs pays aux origines ethniques diverses. En janvier 2005 par exemple, un homme, qui tentait d’introduire plusieurs ressortissants chinois et un Albanais aux États-Unis en les faisant traverser un tunnel ferroviaire reliant l’Ontario au Michigan, a été arrêté. En août dernier, un Chinois et un Pakistanais ont été détenus après être entrés aux États-Unis dans un train en provenance du Canada. Bien des migrants clandestins qui entrent au Canada ont l’intention d’y rester, tandis que d’autres ne font qu’y passer avant de se rendre aux États- Unis. Les droits de passage au Canada payés par certains migrants allaient de quelque 20 000 $US à 50 000 $US par personne.

Bien que quelques organisations criminelles du pays se spécialisent dans le passage de clandestins, certaines se livrent aussi habituellement à la contrebande d’autres marchandises, surtout des drogues illicites, comme la cocaïne et la marihuana, des armes à feu et des devises. De plus, ces groupes possèdent les compétences techniques nécessaires pour fabriquer ou se procurer des faux documents ou des documents falsifiés en vue de faciliter le transport des clandestins.

Bien que les médias se soient principalement concentrés sur le grand nombre de personnes qui sont entrées au Canada dans des navires porteconteneurs à la fin des années 1990, des informations indiquent que la plupart des clandestins arrivent au pays par avion, puis terminent leur voyage en auto, en train ou à pied. Le passage entre le Canada et les États- Unis s’effectue à divers points de passage frontalier terrestres, mais plus particulièrement en Ontario et en Colombie-Britannique.

Les victimes de la traite qui entrent au Canada, qui est à la fois un pays de transit et de destination, sont destinées au travail forcé et à l’exploitation sexuelle. Pour la plupart, les victimes de la traite transitent par le Canada à destination des États-Unis. La traite des êtres humains peut aussi se produire au niveau interprovincial.Traditionnellement, au Canada, le crime organisé de souches asiatique et est-européenne est impliqué dans la traite des femmes venant de Chine, de Corée du Sud, de Thaïlande, du Cambodge, des Philippines, d’Amérique latine et de Russie. À l’échelle planétaire, la traite des êtres humains ferait concurrence à d’autres importants marchés criminels comme le commerce illicite des drogues et des armes à feu, en ce qui concerne les profits réalisés. En avril 2005 en Colombie-Britannique, une personne a été accusée de traite d’êtres humains pour la première fois au Canada.

« Les Canadiens sont de plus en plus sensibilisés à la participation du crime organisé dans le trafic de biens illicites et de drogues, qui constitue un moyen de financer leurs projets. Mais le problème croissant, ici et ailleurs dans le monde, c’est l’horrible traite des personnes. Si les autorités n’y prennent garde, ce fléau aura des conséquences dévastatrices non seulement pour les foyers, mais aussi pour la société en général.»

Le commissaire adjoint de la
Gendarmerie royale du Canada (GRC)
Ian Atkins, commandant de la Division H
(Nouvelle-Écosse)

Répercussions socio-économiques

Plus que toute autre activité criminelle, la traite des être humains présente d’énormes risques pour la santé et la sécurité des victimes. De plus en plus considéré comme une violation des droits de la personne, ce trafic traite ses victimes comme des marchandises, sans aucun égard pour leur sécurité ou leur bien-être, les arrachant à leur foyer puis les retenant contre leur gré, généralement par des actes ou des menaces de violence à l’endroit des victimes ou de leur famille.

Si le marché de la traite des personnes prenait de l’ampleur au Canada ou aux États-Unis, le nombre de victimes tributaires de l’aide du gouvernement et des services sociaux grossirait en conséquence. Ce trafic pourrait en outre entraîner une flambée de violence entre des organisations criminelles qui se font concurrence dans ce marché lucratif.

L’introduction de migrants clandestins au Canada menace l’intégrité du processus d’immigration officiel. La migration clandestine a une incidence sur les immigrants qui arrivent au pays en toute légalité, puisque les coûts associés aux audiences en matière d’immigration et d’expulsion drainent les ressources affectées aux immigrants légitimes. L’intégrité des documents de citoyenneté est également sapée par l’utilisation fréquente de documents faux ou falsifiés, en particulier des passeports et des visas. En outre, comme nombre de clandestins arrivant au Canada sont en fait en transit à destination des États-Unis, une augmentation considérable du nombre de migrants entrant clandestinement ou de victimes de la traite de personnes aux États-Unis pourrait peser lourdement sur les ressources d’application de la loi des deux pays.

Sur le plan international, le crime organisé se sert d’entreprises légitimes dans ses activités de traite de personnes et de passage de clandestins, généralement dans les secteurs des transports et des voyages, afin de se prévaloir de ce genre de services ou de les exploiter. Que ce soit le trafic de migrants clandestins ou la traite des personnes, ces mouvements internationaux peuvent être facilités par des employés, oeuvrant dans l’industrie du transport ou du voyage, corrompus. Ces modes de fonctionnement présentent un défi pour les organismes d’application de la loi, puisqu’ils fournissent une couverture d’apparence légitime utilisée par la majorité des personnes qui, chaque jour, voyagent à l’étranger.

Comme la plupart des activités criminelles, la traite des êtres humains et le passage de clandestins entraînent des conséquences. Comme les itinéraires de passage et les méthodes de transport peuvent être utilisés pour n’importe quel type de marchandise, les groupes criminels profitent de ces ressources pour étendre leurs activités, par exemple, à la contrebande de drogues illicites. Les profits tirés des activités de la traite de personnes et du passage de clandestins, ajoutés à ceux de la contrebande de marchandises, contribuent à étendre les capacités et la portée opérationnelle des organisations criminelles.


Exploitation sexuelle des enfants