Comme la plupart des marchés, les marchés criminels achètent et vendent des produits et services, généralement selon les principes de l’offre et de la demande. Les marchés criminels sont donc dynamiques et évoluent en fonction des forces du marché, qui sont notamment influencées par la concurrence livrée par d’autres groupes du crime organisé, les innovations technologiques et les interventions des forces de l’ordre.
« Le crime organisé est une question qui touche les Canadiens ordinaires. Bien que de nombreuses activités ne semblent avoir aucun effet direct sur la vie des citoyens respectueux des lois, les conséquences du crime organisé ont une grande portée et sont insidieuses... et elles nous concernent tous sans exception.» Le commissaire de la Gendarmerie |
La principale caractéristique d’un marché criminel est son illégalité, que ce soit celle du produit ou du service acheté ou vendu, ou celle des protagonistes (groupes ou individus). Et même si les protagonistes, les produits ou les services ne sont pas de nature criminelle, la transaction le demeure. Des marchés criminels se forment lorsque des organisations criminelles repèrent et exploitent des failles dans les marchés licites, qui deviennent alors des créneaux lucratifs. La fraude sous toutes ses formes est un bon exemple de l’exploitation criminelle d’un processus légitime. Il y a aussi des marchés purement criminels, comme celui des drogues illicites, qui n’ont pas d’équivalent dans l’économie légitime; il ne s’agit alors pas de trouver des failles dans un marché légitime, mais plutôt de fournir des produits et des services illégaux. Les marchés légaux et criminels existent et sont exploités simultanément. La portée des activités criminelles au Canada et leurs répercussions sur la société inquiètent les organismes d’application de la loi, et font l’objet du présent rapport.