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Enjeux nationaux surveillés par le SCRC

Technologie et criminalité

Faits saillants

  • La technologie permet aux criminels indépendants et aux groupes du crime organisé de s’impliquer plus facilement autant dans des crimes traditionnels que dans des crimes qui font jour, tels que l’usurpation d’identité. Ces criminels peuvent ainsi cibler divers victimes et commettre des crimes bien avant que les victimes ou les agences de l’application de la loi ne s’en rendent compte.
     
  • Les nouvelles technologies offrent de nouvelles possibilités quant à l’amélioration de la capacité organisationnelle, à l’augmentation de la complexité et à l’élargissement de l’envergure des organisations criminelles.

Survol national

La technologie permet aux criminels indépendants et aux groupes du crime organisé de s’impliquer plus facilement autant dans des crimes traditionnels que dans des crimes qui font jour, ce qui élargit l’envergure et augmente les répercussions possibles des activités criminelles. À l’aide de la technologie, des criminels peuvent cibler des milliers de victimes dans diverses compétences par crime, tel que la fraude relative aux cartes de paiement (les cartes de débit et de crédit) ou l’usurpation d’identité, et ce, avant que les victimes ou les services de police ne s’en rendent compte. Dans les établissements financiers et les entreprises, on est peu disposé à signaler ces crimes et on considère que ces pertes font partie des coûts d’exploitation, ou encore on classe les pertes de façon légitime en tant que créances irrécouvrables, ce qui permet de classer les fraudes parmi les statistiques. Ainsi, il est difficile d’obtenir des statistiques exactes et systématiques en ce qui a trait à l’ampleur du crime assisté par la technologie et au degré de perte.

L’usurpation d’identité est l’un des crimes qui connait la plus forte croissance en Amérique du Nord. L’usurpation d’identité, une fraude qui consiste à recueillir et à utiliser les renseignements personnels d’une personne sans son autorisation, préoccupe particulièrement les Canadiens. Les délinquants utilisent de plus en plus la technologie dans le but de s’emparer de l’identité d’autrui et d’obtenir illicitement des fonds. Les renseignements personnels sont de plus en plus facilement accessibles par Internet. Il est également possible de faciliter d’autres crimes graves, au moyen de l’usurpation d’identité. Les criminels utilisent les renseignements personnels volés non seulement dans l’intention d’épuiser les comptes bancaires de particuliers, mais également d’obtenir ou de créer des documents frauduleux en vue de prendre une fausse identité pour obtenir des prêts ou échapper aux services de police. Dans le cadre du projet Phonebusters, un service de dénonciation de la fraude géré par la Police provinciale de l’Ontario en collaboration avec la GRC, on a signalé que les pertes attribuables à l’usurpation d’identité se sont chiffrées à environ 21 millions de dollars en 2003, ce qui équivaut à près du double des pertes estimatives de 2002. L’usurpation d’identité entraîne non seulement des pertes financières, mais cause également un préjudice aux dossiers de crédit. De plus, même si les établissements financiers ne tiennent pas une victime responsable de la dette frauduleuse, cette fraude cause des désagréments à la plupart des victimes, en raison du temps qu’elles doivent consacrer à attendre afin de récupérer leurs renseignements financiers personnels et à s’occuper de la dette.

Selon le projet Phonebusters, la fraude relative aux cartes de paiement est un élément important de l’usurpation d’identité. Ce type de fraude représente 42 % des incidents qui sont signalés. De nombreux Canadiens utilisent les cartes de débit. En effet, les transactions de débit de 2003 représentent 2,5 milliards de dollars. L’utilisation accrue de cartes de paiement offre davantage de possibilités criminelles aux membres du crime organisé. Par exemple, les groupes du crime organisé ont mis en place des guichets automatiques privés dans des endroits publics, tels que des bars et des dépanneurs, ce qui entraîne un potentiel élevé quant à la fraude, car ces appareils peuvent être illégalement modifiés de façon à ce que les renseignements de la carte de paiement soient copiés au moment où l’on glisse la carte magnétique.

Internet est également un outil qui facilite le crime. Les banques et les casinos en ligne permettent aux criminels de blanchir leurs profits illicites au moyen de comptes bancaires dans Internet. Les entreprises en ligne peuvent également être utilisées afin de cacher ou de blanchir des profits, tout en s’assurant que la détection criminelle ainsi que les enquêtes deviennent plus complexes, car de multiples compétences et pays sont touchés.

Les criminels qui se font passer pour des personnes honnêtes ou pour des représentants d’une institution envoient des courriels non sollicités et demandent aux victimes de fournir leurs renseignements financiers personnels, tels que leurs numéros de cartes de crédit. Cette activité communément appelée « hameçonnage » ou « phishing » peut entraîner d’importantes pertes financières et beaucoup de stress chez les victimes. Cette fraude est souvent perpétuée à l’aide de serveurs hors frontière qui sont à l’extérieur des compétences canadiennes, ce qui rend les enquêtes criminelles plus complexes, coûteuses et voraces en temps. Les nouvelles technologies offrent davantage de possibilités quant à l’amélioration de la capacité organisationnelle, du niveau de complexité et des sphères d’activités des groupes du crime organisé. Le système vocal sur l’Internet (voix sur IP), qui permet les conversations téléphoniques au moyen d’Internet, devient de plus en plus accessible. Ce service offre un niveau élevé d’anonymat, en raison de son cryptage de pointe. Les technologies sans fil sécurisées, telles que les appareils assistants numériques personnels (ANP) ou les téléphones « Mike », sont de plus en plus utilisées en raison des capacités en cryptage. D’autres types d’appareils, décodés seulement par des combinés téléphoniques semblables ou par un ordinateur qui exécute les logiciels, attirent le crime organisé en ce qui a trait aux conversations protégées. Les salons de clavardage, le courrier électronique et la messagerie alphabétique à l’aide des téléphones cellulaires peuvent également être utilisés afin d’organiser des réunions ou des livraisons de drogues illicites, et ce, à distance. De plus, la modification et l’adaptation de certains dispositifs électroniques inoffensifs et communs, tels que les consoles de jeux vidéo et les cartes-clés des hôtels, permettent également aux délinquants de mettre en mémoire de l’information encodée, telle que de la pornographie juvénile et des renseignements sur des cartes de crédit volées ou sur le blanchiment de l’argent.

Afin de rester au même rythme que les nouvelles technologies et la nouvelle expertise, les services de police au Canada prennent les mesures nécessaires en vue d’augmenter les ressources et le niveau de formation en ce qui concerne les divers groupes de lutte contre la criminalité technologique dans l’ensemble du pays. On a mis sur pied des groupes intégrés de lutte contre la criminalité technologique parmi les principaux organismes d’application de la loi. Les services de police continuent de développer des partenariats clés avec des organismes gouvernementaux et avec des organismes du secteur privé dans le but d’établir des meilleures pratiques et d’élaborer des stratégies qui aideront à réduire la menace que présentent la criminalité et la technologie pour le public.
 

Perspectives

  • Les agences de l’application de la loi continueront de rencontrer des crimes plus complexes et facilités par la technologie et devront sans doute garder au courant en ce qui concerne les nouvelles technologies.
     
  • Compte tenu de l’évolution continue de la technologie, les organismes gouvernementaux et les organismes du secteur privé continueront de collaborer dans le but d’élaborer des stratégies et d’établir des meilleures pratiques afin de lutter contre la menace posée par les crimes facilités par la technologie, tels que l’usurpation d’identité et la fraude relative aux cartes de paiement.

Sommaire des répercussions socio-économiques du crime organisé au Canada

Table des matières