Le SCRC reconnaît que les enjeux liés au crime organisé ou à d’autres crimes graves qui ont des répercussions sur le Canada ne sont pas tous abordés dans le présent Rapport annuel. D’autre part, de nombreux groupes criminels ne correspondent pas étroitement aux groupes généraux fondés sur la culture et la géographie actuellement utilisés par le SCRC en tant que cadre de renseignement de base. Dans certains cas, des groupes de criminels qui ne se conforment pas au cadre peuvent entreprendre des activités criminelles qui correspondent à la portée et à l’ampleur de celles des groupes du crime organisé visés par le SCRC, ou qui les dépassent, en ce qui concerne les priorités nationales en matière de renseignements et les enjeux surveillés actuels. Le SCRC s’engage à effectuer une évaluation du niveau de criminalité et de la menace que posent ces groupes dans ses rapports annuels ultérieurs sur le crime organisé. De plus, l’évaluation des groupes du crime organisé dont les catégories sont fondées sur l’origine ethnique devient problématiques, car ces groupes sont de plus en plus composés, en partie ou dans l’ensemble, de Canadiens de deuxième ou de troisième génération qui ont de moins en moins de liens avec leur langue, leur pays et leur culture d’origine. De plus, la composition de certains groupes devient plus vague et diversifiée, et ces groupes comprennent des membres de différentes origines ethniques.
Bien que les conflits afférents au contrôle des marchés criminels persistent entre certains groupes du crime organisé, de plus en plus d’organisations criminelles entreprennent conjointement des activités, dans le but d’augmenter mutuellement leurs profits criminels. Dans de nombreux cas, cette collaboration n’est pas permanente, mais représente plutôt un lien temporaire centré sur un seul projet criminel, selon les besoins mutuels. Une fois l’activité terminée, cette relation peut se dissoudre, mais elle peut fournir une fondation en ce qui concerne la confiance dans le cadre de collaborations criminelles ultérieures.
Il existe une relation symbiotique entre des groupes du crime organisé et de nombreux aspects liés aux affaires légitimes et les collectivités sociales. Cette relation permet l’exécution d’activités criminelles et le blanchiment de profits criminels. Dans certains cas, le milieu des affaires légitimes est exploité, volontairement ou inconsciemment, dans le but de faciliter le transport et la distribution des produits illicites du crime organisé. La plupart des membres du crime organisé qui sont établis ne font pas étalage de leurs exploits ou de leurs associations criminelles. Un grand nombre d’entre eux tentent de s’intégrer dans leurs collectivités économiques, sociales et culturelles en vue de créer des personnages légitimes, normaux et respectables et dans le but de ne pas attirer l’attention des agences de l’application de la loi.
Les groupes du crime organisé et leurs activités criminelles ont des répercussions qui sont à la fois diverses et variables. Elles touchent les citoyens du Canada ainsi que leurs collectivités à l’échelle nationale, en raison des diverses répercussions sur la société, l’économie, la santé et la sécurité. Certaines répercussions sont évidentes, telles que le trafic de drogues au niveau de la rue, la présence de membres de bandes de rue, les actes de violence ou le démantèlement d’installations de culture de la marihuana dans les banlieues tranquilles. D’autres répercussions, bien qu’elles soient moins évidentes pour les Canadiens moyens, peuvent avoir des graves incidences sur la qualité de vie, car les activités du crime organisé peuvent entraîner des hausses de prix des biens et des services. De plus, le crime organisé risque d’ébranler l’économie du Canada, de menacer la stabilité sociale et de devenir une influence qui mène à la corruption et à l’inefficacité des activités des institutions publiques. La collectivité de l’application de la loi du Canada continuera de coordonner ses efforts visant à lutter contre le crime organisé et d’autres crimes graves au Canada et à en réduire les répercussions sur les citoyens et sur les collectivités dans l’ensemble du pays.