Faits saillants
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Survol national
La structure et la nature du crime organisé de souche autochtone (COSAU) diffèrent d’une région à l’autre. En Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba, le COSAU est composé presque entièrement de bandes de rue, tandis qu’en Ontario et au Québec, les groupes du COSAU qui se trouvent près de la frontière canado-américaine sont impliqués dans la contrebande transfrontalière, ainsi que dans la distribution interprovinciale et intraprovinciale de marchandises de contrebande.
En Alberta, les bandes de rue principales sont les REDD ALERT, les INDIAN POSSE et les ALBERTA WARRIORS. Celles-ci se retrouvent principalement dans les régions d’Edmonton et de Calgary, et sont affiliées à d’autres bandes à travers le province. En Saskatchewan, les principales bandes de rue sont les NATIVE SYNDICATE à Regina et les INDIAN POSSE à Saskatoon. La province compte aussi un certain nombre de bandes de rue moins importantes et moins influentes. Au Manitoba, les principales bandes sont les MANITOBA WARRIORS, les INDIAN POSSE et les NATIVE SYNDICATE.
Les bandes recrutent des membres de façon régulière dans les grandes et les petites collectivités, dans les établissements correctionnels et dans les réserves. En Alberta, par exemple, les REDD ALERT et les INDIAN POSSE partent de leurs territoires bien établis à Edmonton et à Calgary et s’infiltrent dans de plus petites collectivités. Le recrutement des bandes de rue de souche autochtone vise habituellement les jeunes Autochtones. La prochaine génération des ces membres est ainsi créée. En conséquence, la jeunesse autochtone est davantage exposée à des risques quant à la violence et aux activités des bandes, ce qui menace leur sécurité et celle des collectivités.
Les bandes de rue de souche autochtone sont généralement impliqués dans des activités criminelles au niveau de la rue qui sont à la fois opportunes, spontanées et désorganisées, notamment le trafic de moindre envergure de la marihuana, de la cocaïne, du crack et, dans une moindre mesure, de méthamphétamine. Par ailleurs, les bandes s’impliquent dans la prostitution, les introductions par effraction, les vols qualifiés, les voies de fait, l’intimidation, le vol de véhicules et la collecte de dettes liées aux drogues illicites.
Bien que ces groupes ne possèdent généralement pas la capacité d’entreprendre des activités criminelles élaborées ou à grande échelle, leur propension à la violence est élevée, ce qui réprésente une menace à la sécurité publique. Les membres des bandes utilisent des armes à feu de façon régulière, en particulier des armes de poing volés au Canada ou passés en contrebande des États-Unis. En Alberta, la rivalité entre les REDD ALERT et les INDIAN POSSE a entraîné de la violence, alors que les deux bandes tentaient d’élargir leur marché du commerce de la drogue. La violence des bandes est un phénomène présent dans certaines plus petites collectivités. La structure et les affiliations des bandes de rue demeurent vagues, ce qui entraîne des groupes dissidents de courte durée, parmi lesquels les affiliations et les rivalités changent et évoluent sans cesse. Partant de ce fait, la violence entre les bandes persistera de façon intermittent.
Les membres du COSAU soutiennent et facilitent les activités criminelles des autres groupes du crime organisé, en particulier les HELLS ANGELS et les réseaux de souche asiatique. Ces deux groupes approvisionnent un certain nombre de bandes de rue de souche autochtone en quantités limitées de drogues illicites dont la marihuana, la cocaïne et la méthamphétamine.
Les activités liées au crime organisé existent dans certaines réserves à travers le Canada. Les groupes de criminels de souche autochtone situés près de la frontière canado-américaine au sud de l’Ontario et au Québec sont généralement composés d’individus qui exercent le rôle de courtiers criminels dans des réserves ou leurs environs. Ces courtiers, qui sont généralement associés aux réseaux de souche asiatique ou aux HELLS ANGELS, s’impliquent dans des activités criminelles qui servent à faciliter la contrebande transfrontalière de marchandises, y compris la marihuana et la monnaie, de même que le passage de clandestins.
Les groupes de souche autochtone qui sont associés à d’autres groupes profitent de leur proximité de la frontière canado-américaine en vue d’entreprendre des activités criminelles, notamment la culture de la marihuana, le vol organisé de véhicules, les activités illicites liées aux armes à feu, le jeu illégal, le détournement illégal du tabac ainsi que le trafic de drogues dans les réserves et entre celles-ci. En outre, certaines réserves autochtones ont été ciblées par des criminels indépendants en vue de commettre une fraude relativement à l’impôt. Pour ce faire, ils exploitent la différence d’imposition entre les zones dans les réserves et hors réserve.
Comme c’est le cas dans toutes les petites collectivités, le crime organisé a des répercussions considérables sur la qualité de vie, le sentiment d’appartenance à la collectivité et le bien-être collectif des résidants de la réserve. Dans les petites collectivités, les membres du crime organisé savent exploiter les réseaux fondés sur la parenté, ce qui divise des familles parmi lesquelles certains membres versent dans la délinquance, tandis que d’autres s’opposent à la criminalité. De plus, selon le type d’activités criminelles, le crime organisé risque de menacer la santé et la sécurité publiques dans les réserves ou leurs environs.
Perspectives
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