Faits saillants
|
Survol national
L’évolution rapide de la technologie, et en particulier d’Internet, offre un moyen de faciliter le commerce international, mais elle offre aussi des possibilités au crime organisé. Le nombre de plus en plus élevé d’utilisateurs connectés et la vitesse accrue à laquelle les transactions financières s’effectuent obligent les services de police à rester en phase avec les outils et le matériel technologiques actuellement disponibles.
Les technologies de gestion des transactions commerciales en direct évoluent, mais les possibilités de fraude aussi. L’usurpation d’identité et la fraude sur les cartes de paiement figurent parmi les types de fraude les plus répandus au Canada selon Phonebusters, un organisme de signalement des fraudes administré par la Police provinciale de l’Ontario en collaboration avec la GRC. L’usurpation d’identité offre la possibilité à des criminels et à des membres de groupes du crime organisé de prendre une fausse identité et d’obtenir des fonds illégalement. L’utilisation de périphériques haut de gamme tels que des imprimantes laser, des appareils-photos numériques, des scanneurs et des logiciels d’éditique peuvent également faciliter la production de faux documents d’identité et de documents contrefaits. On signale que des groupes du crime organisé de souche esteuropéenne participent activement à des fraudes de haute technicité et à grande échelle sur des cartes de paiement ainsi qu’à d’autres activités criminelles frauduleuses un peu partout au pays.
Dans certains cas, la modification ou l’amélioration de technologies existantes peuvent également aider les criminels à commettre des crimes frauduleux. En mars 2003, des personnes basées en Ontario présumément liées au crime organisé ont persuadé des marchants peu méfiants d’utiliser des appareils de paiement modifiés à la sortie des points de vente. Les criminels laissaient sur place pendant un certain temps ces machines, équipées d’un appareil à « écrémage » servant à saisir les renseignements relatifs aux cartes de paiement avant de les reprendre.
En décembre 2002, plusieurs personnes ont été accusées d’avoir commis une fraude sur des cartes de débits dépassant 5 000 $ après avoir participé à un stratagème frauduleux, vaste et complexe, réalisé avec des guichets automatiques et orchestré par des membres d’un groupe du crime organisé est-européen. Ce stratagème, qui s’étendait sur tout le pays, avait causé des pertes estimées à plus de 1,2 M$. La messagerie électronique sert également à commettre plus facilement des stratagèmes frauduleux tels que la manipulation de bourses des valeurs, souvent appelée [pump and dump]2 et [slump and dump], des fraudes par télémarketing et à diffuser des programmes malveillants tels que le ver SLAMMER3, en janvier 2003.
On signale que des groupes criminels, dont des bandes de motards criminalisées et des groupes de souche asiatique, utiliseraient des technologies pour protéger leurs documents et leurs communications. Le protocole de communication pair-à-pair, Peer-to-Peer (P2P), qui permet à des ordinateurs de communiquer directement entre eux sans l’intervention d’un serveur, et le service de bavardage Internet (IRC), un protocole de messagerie instantanée, offrent la possibilité à des criminels de communiquer clandestinement et facilitent la distribution électronique de pornographie juvénile, les transactions de drogues illicites, le blanchiment d’argent et la fraude. Les fichiers peuvent être chiffrés ou masqués grâce à des méthodes telles que la stéganographie, qui permet aux utilisateurs de cacher du texte, des images ou des fichiers sonores dans un autre fichier. Les techniques de protection des conversations de plus en plus complexes offrent des possibilités susceptibles d’être exploitées par le crime organisé. La technologie sans fil est rapidement et facilement utilisable et peut servir à préserver l’anonymat.
Afin de minimiser ces défis et les obstacles, les services de police canadiens participent à des initiatives nationales et internationales telles que le groupe de travail FPT sur le cybercrime afin d’examiner les questions relatives à l’utilisation illégale de la technologie. Ce groupe aborde des questions telles que la prévention, l’accès légal et le chiffrement. De plus, en 2001, en raison des préoccupations croissantes liées au risque potentiel que des attentats de nature technologique touchent diverses infrastructures ayant trait notamment à l’énergie et aux commodités, aux communications, aux services, aux transports et aux secteurs de la sécurité et du gouvernement, on a créé le Bureau de la protection des infrastructures essentielles et de la protection civile (BPIEPC) afin d’élaborer des mesures de protection pour les infrastructures critiques du Canada.
La question législative s’avère un autre défi de taille que doivent relever les enquêteurs sur la criminalité technologique au Canada. Il faut répondre à un certain nombre d’exigences fondamentales pour conserver une piste probante qui traverse souvent les frontières internationales. Afin de traiter cette question plus facilement à l’échelle internationale, le Canada figurait parmi les nombreux pays signataires qui ont contribué à la rédaction de la Convention sur le cybercrime, du Conseil de l’Europe, qui visait à établir une politique criminelle internationale commune sur le cybercrime. Cette convention se trouve encore à l’étape de la ratification au Canada.
Afin de rester en phase avec les technologies et les connaissances spécialisées actuelles, les services de police du Canada prennent des mesures pour augmenter leurs ressources, offrir une formation plus complète et accroître le personnel dans les divers groupes de la criminalité technologique du pays. Reconnaissant que la technologie représente une nouvelle dimension de la criminalité, les services de police continuent d’établir des partenariats clés avec les gouvernements et le secteur privé afin d’établi de meilleures pratiques et des stratégies qui permettront d’atténuer le risque que posent la technologie et le crime à la collectivité.
Perspectives
|
2 Moyen d’influer sur le prix des valeurs en diffusant de faux renseignements dans Internet, causant ainsi une hausse ou un baisse du prix de cette valeur. Cela permet au criminel d’acheter ou de vendre une valeur à un meilleur prix.
3 Le ver SLAMMER a été découvert en janvier 2003. Ce ver paralyse les réseaux informatiques à l’échelle mondiale en lançant des attaques entraînant un refus de service dans Internet. Les pertes financières attribuées au SLAMMER s’élevaient à environ 1,2 milliard de dollars dans le monde entier.