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Priorités Nationales du SCRC

Crime organisé aux ports maritimes 

Faits saillants

  • Depuis 1998, le SCRC ne manque pas de signaler que des éléments criminels liés au crime organisé sont à l’œuvre à l’interne dans un certain nombre de ports maritimes canadiens afin de faciliter le transport des produits de contrebande.

Survol national

Une part importante des produits de contrebande destinés aux marchés illicites canadiens, et en particulier les stupéfiants, provient de l’extérieur du Canada. Dans certains cas, ces produits sont passés furtivement en contrebande dans des régions frontières. Dans d’autres cas, on les fait entrer clandestinement au Canada par des points d’entrée terrestres, aériens, postaux ou maritimes en les dissimulant parmi des chargements personnels ou commerciaux transportés régulièrement. Parmi les produits de contrebande passés par les ports maritimes, on trouve les stupéfiants, le tabac, l’alcool, les armes à feu et les migrants clandestins. De plus, des véhicules volés sont illégalement exportés dans des conteneurs vers des clients d’Asie ou d’Europe de l’Est. La criminalité liée aux ports maritimes a une incidence sur l’application de la loi dans tout le Canada, car les ports constituent de simples points de transit pour l’approvisionnement en produits illicites de clients d’un peu partout au pays.

De nombreux ports maritimes canadiens reçoivent une forme quelconque d’expéditions internationales, que ce soit des conteneurs ou des cargaisons diverses. De ce fait, ils sont tous susceptibles de devenir des points d’entrée pour la contrebande et de faire ainsi l’objet d’une infiltration et d’une exploitation criminelles. Strictement du point de vue du tonnage, la majorité des échanges commerciaux ne provenant pas des États-Unis entrent au Canada par un port maritime. Les marchandises sont surtout expédiées par conteneur, en raison de leur taille compacte et de la rapidité avec laquelle on les décharge d’un bâtiment pour les expédier ultérieurement par train ou par camion à diverses destinations du Canada ou des États-Unis.

Les ports maritimes forment souvent un environnement physique vaste, dans lequel on trouve une main-d’œuvre importante, ce qui crée des difficultés quant à l’efficacité de la sécurité et au contrôle de l’application de la loi. Ces difficultés contribuent à l’apparition d’éléments criminels actifs dans les ports maritimes afin de faciliter le transport des marchandises de contrebande. Cette situation a été reconnue surtout aux trois principaux terminaux portuaires à conteneurs, soit à Halifax, à Montréal et à Vancouver. Cette présence criminelle s’est développée sur des décennies et a permis à des groupes du crime organisé de bien s’établir parmi la main-d’œuvre du port en occupant divers postes. Bien que de nombreux groupes importants du crime organisé entretiennent des liens avec des ports maritimes canadiens, les influences criminelles les plus importantes sont liées aux bandes de motards criminalisées, aux groupes du crime organisé traditionnel (de souche italienne) et aux groupes criminels canadiens locaux.

La présence criminelle dans un port maritime est rarement remarquée par la majorité des employés du port. Cette présence n’est pas nécessairement massive et peut se limiter à un petit nombre de personnes occupant des postes clés leur permettant de jouer un rôle dans le déchargement d’une cargaison commerciale d’un bâtiment et son transport dans l’environnement portuaire. Dans certains cas, les éléments criminels présents dans le port intimideront les employés légitimes pour obtenir leur collaboration ou s’assurer leur silence.

En 2002, des mesures fructueuses d’application de la loi prises aux ports de Halifax et de Montréal ont perturbé les activités illégales d’un important groupe criminel actif dans chacun de ces ports. Cependant, malgré le succès remporté par la police, il reste encore une présence criminelle dans chaque port qui dans l’avenir serait susceptible de continuer à faciliter l’entrée des produits de contrebande, et surtout des stupéfiants, au Canada. Par exemple, des organisations de trafic ont continué d’exploiter le port de Halifax comme point de transit pour les stupéfiants, comme l’ont montré ultérieurement deux saisies effectuées par la police : 11,5 tonnes de haschich en janvier 2003 et 172 kg de cocaïne en mars 2003.

Un certain nombre de petits ports maritimes longeant les côte de l’Atlantique et du Pacifique reçoivent des expéditions internationales et sont potentiellement vulnérables à l’exploitation criminelle. Par exemple, le port de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick a été le théâtre d’une saisie de 1433 kg de marihuana et de 72 kg d’huile de cannabis effectuée par un organisme de l’application de la loi en juillet 2002. De plus, des ports situés le long de la voie maritime du Saint- Laurent et dans les Grands lacs ne sont pas en mesure de recevoir de larges porteconteneurs mais disposent d’installations portuaires à des degrés divers et pourraient recevoir des expéditions internationales provenant d’outremer ou des États-Unis. Dans certains cas, ces ports sont situés près de régions importantes dans lesquelles le crime organisé est présent et actif.

Les services de police canadiens connaissent la menace que pose le crime organisé aux ports maritimes, surtout depuis la démobilisation de 1997 de la Police des Ports Canada, par laquelle les responsabilités liées à l’application de la loi dans les ports a été entièrement confiée à la police locale et aux agences privées de sécurité. Depuis 1998, le SCRC signale la menace que pose le crime organisé pour les ports maritimes canadiens. En mars 2000, le SCRC a donc mis sur pied un groupe de travail national afin de coordonner l’échange de renseignements liés au crime organisé dans les ports maritimes. Les mesures de sécurité élevées soulèvent d’autres préoccupations quant à la possibilité qu’un port maritime serve de point d’entrée en Amérique du Nord à des migrants clandestins ou à du matériel illégal susceptibles de contribuer à des actes terroristes. En janvier 2003, on a annoncé la création d’un autre programme de financement fédéral de 172,5 M$, destiné à améliorer la sécurité dans les ports maritimes.

Perspectives

  • Le succès remporté par l’application de la loi contre les éléments criminels dans les ports maritimes principaux pourrait inciter le crime organisé à essayer d’infiltrer et d’exploiter les possibilités qu’offrent les ports plus petits.

Bande de motards criminalisées

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